J'ai passé récemment à mon travail le fameux entretien annuel... l'entretien où l'on fait le bilan de l'année, pour définir si l'on a rempli ses objectifs et si l'on a bien travaillé. Comme d'habitudes
le bilan n'est jamais parfait, il y a des toujours des points perfectibles, même si l'on a fait une très bonne année. Il faut toujours des critiques, sinon pris par un élan de confiance et de satisfaction personnelle, imaginez... il se pourrait qu'on ait l'audace de réclamer une augmentation, faut pas déconner quand même.
Bref il y a quelques jours j'ai eu droit à cette mascarade annuelle. Je savais que j'avais fait une très bonne année. Je m'étais préparé à riposter à toutes critiques pour défendre mon bilan, oui mais... c'était sans compter la fourberie de nos managers adorés rompus à ce genre d'exercices.
On m'a reconnu le fait que j'avais fait une excellente année sur le plan technique, que sur ce point j'étais même très bon, que le client pour qui j'ai travaillé était content de moi mais... évidemment voici le mais, je ne me faisais pas assez remarquer, soit auprès des clients, soit auprès de mes supérieurs (en language populaire il y a plein de mots désigner cette pratique que je n'écrirai pas par volonté de garder un langage soutenu). Et voila le donc le hic, la faille, le point négatif, la tâche qui fait que je n'aurai finalement qu'une note acceptable sans plus et que je pourrai faire l'impasse sur un quelconque augmentation ou promotion.
J'ai même eu droit à un moment faussement complice, où l'on m'a donné une leçon du genre "écoutes petit, je vais t'expliquer comment ça fonctionne". On m'a expliqué que si je voulais gravir les échelons, il fallait que je me fasse d'avantages remarquer, que je mettes d'avantages en valeur mon travail et que j'y consacre plus de temps, au détriment de la qualité de mon job. Même si tout cela est dit à mot couvert, avec un clin d'oeil "ringardement" complice, le propos personnellement me fait gerber. Je ne suis pas naïf non plus et la culture d'entreprise n'est pas le monde merveilleux des bisounours, mais entendre ça, moi ça me démotive.
Faire de l'esbroufe, avoir une grande gueule, faire du travail de merde, mais de la belle merde vendeuse s'il vous plait, tout dans la forme au détriment du fond, proner la culture de l'apparence et du court terme, je ne sais pas pourquoi mais spontanemment ça m'a fait penser à la starac. Ca m'a rappelé ces pseudos chanteurs, tout juste bon à faire des reprises, qui donnent l'illusion d'être de vrais chanteurs lors d'une émission sirupeuse, où avec un bon enrobage, de belles lumières, des chorégraphies indigestes et inutiles, et qu'on vous vend pour de vrais ARTISTES.
Le parallèle me fait bien rire, c'est déja ça... il est révélateur de notre société et puis je dois avouer que mon manager avait un faux air de Nikos de supermarché.
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