mercredi 21 janvier 2009

la culture starac

J'ai passé récemment à mon travail le fameux entretien annuel... l'entretien où l'on fait le bilan de l'année, pour définir si l'on a rempli ses objectifs et si l'on a bien travaillé. Comme d'habitudes
le bilan n'est jamais parfait, il y a des toujours des points perfectibles, même si l'on a fait une très bonne année. Il faut toujours des critiques, sinon pris par un élan de confiance et de satisfaction personnelle, imaginez... il se pourrait qu'on ait l'audace de réclamer une augmentation, faut pas déconner quand même.

Bref il y a quelques jours j'ai eu droit à cette mascarade annuelle. Je savais que j'avais fait une très bonne année. Je m'étais préparé à riposter à toutes critiques pour défendre mon bilan, oui mais... c'était sans compter la fourberie de nos managers adorés rompus à ce genre d'exercices.
On m'a reconnu le fait que j'avais fait une excellente année sur le plan technique, que sur ce point j'étais même très bon, que le client pour qui j'ai travaillé était content de moi mais... évidemment voici le mais, je ne me faisais pas assez remarquer, soit auprès des clients, soit auprès de mes supérieurs (en language populaire il y a plein de mots désigner cette pratique que je n'écrirai pas par volonté de garder un langage soutenu). Et voila le donc le hic, la faille, le point négatif, la tâche qui fait que je n'aurai finalement qu'une note acceptable sans plus et que je pourrai faire l'impasse sur un quelconque augmentation ou promotion.

J'ai même eu droit à un moment faussement complice, où l'on m'a donné une leçon du genre "écoutes petit, je vais t'expliquer comment ça fonctionne". On m'a expliqué que si je voulais gravir les échelons, il fallait que je me fasse d'avantages remarquer, que je mettes d'avantages en valeur mon travail et que j'y consacre plus de temps, au détriment de la qualité de mon job. Même si tout cela est dit à mot couvert, avec un clin d'oeil "ringardement" complice, le propos personnellement me fait gerber. Je ne suis pas naïf non plus et la culture d'entreprise n'est pas le monde merveilleux des bisounours, mais entendre ça, moi ça me démotive.

Faire de l'esbroufe, avoir une grande gueule, faire du travail de merde, mais de la belle merde vendeuse s'il vous plait, tout dans la forme au détriment du fond, proner la culture de l'apparence et du court terme, je ne sais pas pourquoi mais spontanemment ça m'a fait penser à la starac. Ca m'a rappelé ces pseudos chanteurs, tout juste bon à faire des reprises, qui donnent l'illusion d'être de vrais chanteurs lors d'une émission sirupeuse, où avec un bon enrobage, de belles lumières, des chorégraphies indigestes et inutiles, et qu'on vous vend pour de vrais ARTISTES.
Le parallèle me fait bien rire, c'est déja ça... il est révélateur de notre société et puis je dois avouer que mon manager avait un faux air de Nikos de supermarché.

dimanche 18 janvier 2009

un public

J'aime beaucoup dessiner, faire de l'infographie, et beaucoup activités créatives liées à l'image. A mon avis, comme beaucoup de créateurs amateurs la plupart de mes travaux restent cachés au fond d'un tiroir, prennent la poussière sur une étage ou bien hantent les dossiers d'un disque dur sans que personne n'en profite.

Il y a certainement beaucoup de raisons qui expliquent cela, en ce qui me concerne c'est sans aucun doute la peur de la critique. Ces travaux variant de la création anodine à des choses plus ambitieuses sont très personnelles et reflètent beaucoup qui l'on est, nos faces cachées, les obsessions qui nous habitent, les fantaisies voire les folies qui font partie de nous. C'est pourquoi les critiques peuvent être très dures à entendre et profondemment bléssantes.

Les occasions où j'ai pu montrer mes travaux à d'autres personnes, où les réactions ont été positives, ont été des moments très enrichissants et très fort pour moi. Moi qui manque cruellement de confiance, qui me cherche, qui cherche ma place et mon rôle en ce bas monde, je me sens vraiment exister quand j'entends les réactions des autres personnes. Pendant ces quelques minutes, je me sens plus vivant, je sens que je suis à ma place, que j'existe vis à vis des autres, que je peux aussi les toucher. Le fait de comprendre que je peux toucher les autres, les faire réagir, les émouvoir me fait exister, fait disparaitre mes doutes et me remplit d'énergie et de fierté.

Ce week end j'ai eu l'occasion de présenter une création à une cinquantaine de personnes à l'occasion d'un évément dans mon club de sport. Mon travail devait illustrer l'évément mais n'était pas l'évément en soi. Les réactions du public, dans l'obscurité lors de la projection, m'ont beaucoup touché. Je redoutais évidemment ce moment mais je ne m'attendais pas à ces réactions. Je souriais tout seul dans mon coin dans le noir.
Les compliments et les félicitations qui suivirent continuèrent à me combler. Je m'étais beaucoup investi dans ce travail en temps et en énergie sans vraiment le dire, j'ai vraiment voulu faire plaisir et épater les spectateurs, et j'en suis récompensé. Tout ce que j'ai mis dans ce travail a touché les gens et ça fait de l'effet de vivre ça.

C'était hier, je digère encore cet événement, j'espère que cela va m'apporter des choses, m'inciter à approfondir cette voie, à créer d'avantages, à montrer d'avantages ce que je fais et me dire que c'est peut-être ça la voie que je cherche, ma voie.

samedi 10 janvier 2009

la tête dans le guidon

Quand je travaille sur une création, il m'arrive de passer des heures sans arrets pour avancer, totalement immergé, tel un nageur qui nagerait une longueur sans lever la tête. Résultat : je fonce la tête dans le mur de la piscine en m'écrasant la tête au lieu de faire un magnifique salto-pirouette vrillé pour repartir dans l'autre sens.
Je crois quand fonçant, qu'en bossant de façon acharnée, je serai plus productif, plus efficace. En fait c'est tout le contraire. Il faut s'imposer des pauses, pour prendre du recul. C'est difficile parce que je pense qu'en faisant une pause, je perdrai l'élan créatif qui me guide. Quand je butte sur une problème, je m'acharne dans la longueur pensant que la persévérance va payer. Oui, mais... il ne faut pas s'entêter des heures vainement.
Prendre du recul, se forcer à s'arréter pour faire autre chose, se changer les idées, c'est indispensable, car même quand j'ai l'impression de faire du bon travail et que je me laisse des heures porter par l'inspiration, il m'arrive de me planter inconsciemment sur le moment et là ce sont des heures de perdues. C'est en reprennant le travail le lendemain que je m'aperçois de mon erreurs. Si j'avais fait des pauses, le problème aurait été évité.
Faire autre chose, se changer les idées, lire, regarder un film, c'est indispensable pour faire du bon travail. A trop se focaliser et s'acharner sur un travail, le résultat s'en ressent, en mal malheureusement. Il faut avouer que c'est dur de s'arréter quand on est en plein élan créatif, de peur de perdre l'inspiration, mais il faut se forcer et en prendre l'habitude.
Pour bien travailler, il faut s'avoir s'arréter et glander ;) ... pour mieux reprendre.

samedi 3 janvier 2009

tuuuuuuuuuuuuuuuuuut

Ce matin je revenais du supermarché en voiture et en manoeuvrant un peu plus bas dans ma rue je coupe un peu la route à une autre voiture. En toute objectivité rien de grave, ça se passait deux à l'heure, vraiment pas de quoi fouetter un chat.

J'ai eu droit à mon coup de klaxon, je ne peux m'empêcher de lacher doucement un "connard" de circonstance, et puis voila.

Ensuite par le jeu du hasard, il se trouve qu'en sortant de ma voiture pour accéder à mon immeuble, ce charmant automobiliste, m'aperçoit de l'autre coté de la rue sortant de ma voiture. A ce moment, il s'immobilise quasiment au milieu de la rue pour me klaxonner d'avantages et avec insistance puis redémarre pour ne pas bloquer le traffic. J'étais affligé par tant de conneries, au point d'en lacher mes courses sur le trottoir, déconcerté sur le moment pour réagir, faire un geste ou dégainer une insulte. Finalement c'est peut-être mieux comme ça. Les réactions au volant sont vraiment effrayantes.

Qu'avais-je bien pu faire pour mériter une telle réaction ? Quel ultime affront avais-je pu commettre pour déclencher cette colère et ébranler l'orgueil de cet imbécile ? Je lui ai juste passé sous le nez, heureusement que je n'ai pas rayé ça voiture, là... j'aurais eu droit à un coup de fusil certainement.

Je crois qu'il est tant que les sociologues fassent une étude sur le comportement de l'homme au volant. La voiture n'est plus un moyen de transport, ou une vitrine de sa condition sociale, c'est un amplification de la connerie humaine, un révélateur de la bestialité qui est en nous.

Que faire lorsque l'on se retrouve en face de l'archétype du gros con qui vous aboit dessous, dans le meilleur des cas, après un incident routier anodin ? Laisser jaillir ses premières pulsions et lui débiter jouissivement ses pires insultes ou prendre du recul sur la situation et lui rire au nez avec une totale indifférence lui faisant comprendre que sa réaction, et lui aussi par conséquent, sont totalement dérisoires. Dans les deux cas ça n'arrangera pas la situation, je pense même que lui rire au nez calmement engendrera chez ce pitbull de la route un plus grand énervement.

Du coup, je n'ai pas solutions... pourquoi ne pas essayer de faire ses courses par internet et se faire livrer.